{"id":8239,"date":"2013-01-13T22:21:59","date_gmt":"2013-01-13T20:21:59","guid":{"rendered":"peresfondateurs.co\/blogs\/ilikeyourstyle\/?p=8239"},"modified":"2013-01-13T23:42:57","modified_gmt":"2013-01-13T21:42:57","slug":"larbre-baroque-qui-cache-la-prison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/peresfondateurs.co\/blogs\/ilikeyourstyle\/2013\/01\/13\/larbre-baroque-qui-cache-la-prison\/","title":{"rendered":"(&#8230;) l&rsquo;arbre baroque qui cache la prison."},"content":{"rendered":"<p>Je ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;envie de vous proposer ce texte de Muray qui date de 2004, et dont il faut relire 15\u00a0 fois l&rsquo;introduction et la conclusion si on n&rsquo;a pas bien compris o\u00f9 tout cela m\u00e8ne et quel en est l&rsquo;enjeu. Pour ceux qui en doutent,<a href=\"http:\/\/www.ndf.fr\/identite\/07-11-2012\/separer-le-mariage-traditionnel-de-letat#.UPMVWWe5xmM\"> cet article<\/a> de D. Theillier et les exemples qu&rsquo;il donne concernant l&rsquo;actualit\u00e9 de ce sujet aux USA (paragraphe La police de la pens\u00e9e homosexuelle).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Le mariage transform\u00e9 par ses c\u00e9libataires m\u00eames<\/h2>\n<p>Par-del\u00e0 le n\u00e9o-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c\u2019est la r\u00e9duction au silence du moindre propos h\u00e9t\u00e9rodoxe qui se profile, c\u2019est l\u2019\u00e9crasement l\u00e9gal des derniers vestiges de la libert\u00e9 d\u2019expression, c\u2019est la mise en examen automatique pour d\u00e9lit de lucidit\u00e9.<\/p>\n<p>Le mariage est une invention qui remonte \u00e0 la plus haute antiquit\u00e9. Je parle du mariage \u00e0 l\u2019ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui v\u00e9hicule depuis la nuit des temps <em>\u00ab les valeurs h\u00e9t\u00e9ro-patriarcales et familialistes \u00bb<\/em> pour m\u2019exprimer comme <strong>Christophe Girard<\/strong> et <strong>Cl\u00e9mentine Autain<\/strong>. Sauf erreur de ma part, cette m\u00e9morable conqu\u00eate n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e, l\u2019arme \u00e0 la main, de nuit, dans la pr\u00e9cipitation et sous la menace des pires repr\u00e9sailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialit\u00e9 bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 se servir de la l\u00e2chet\u00e9 des uns, de l\u2019ambition des autres, de la d\u00e9magogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par la force. Ni en jetant \u00e0 l\u2019opinion publique un fatras pr\u00e9cipit\u00e9 de raisonnements contradictoires afin d\u2019extorquer d\u2019elle, par sondage, une approbation apeur\u00e9e. Il n\u2019est pas davantage le fruit d\u2019une volont\u00e9 claironn\u00e9e de mettre \u00e0 genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, \u00e0 ma connaissance, n\u2019a c\u00e9d\u00e9 aux partisans de la conjugalit\u00e9 dans la crainte de se voir accus\u00e9 de gamophobie (du grec gamos, mariage).<\/p>\n<p>Y a-t-il m\u00eame eu \u00ab d\u00e9bat \u00bb, \u00e0 propos de cette importante \u00ab question de soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, chez les \u00c9gyptiens pharaoniques, \u00e0 Babylone, en Inde, \u00e0 Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l\u2019un ou l\u2019autre bord ? En a-t-on discut\u00e9, dans le d\u00e9sert de Chald\u00e9e, \u00e0 la lueur de\u00a0la Grande Ourse ? A-t-on menac\u00e9 de ringardisation les adversaires de cette nouveaut\u00e9 ? Les a-t-on accus\u00e9s de ne rien comprendre \u00e0 l\u2019\u00e9volution des m\u0153urs, de s\u2019accrocher \u00e0 des mod\u00e8les d\u00e9suets, d\u2019alimenter la nostalgie d\u2019un ordre soi-disant naturel qui ne rel\u00e8ve que de la culture ?\u00a0La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le r\u00e9p\u00e9terai plus) a-t-elle eu lieu ?<\/p>\n<p>Il semble bien que non. La chose, c\u2019est horrible \u00e0 dire, s\u2019est faite toute seule, suivant la pente de l\u2019esp\u00e8ce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour prot\u00e9ger ses int\u00e9r\u00eats, manier en m\u00eame temps la carotte et le b\u00e2ton, l\u2019app\u00e2t et l\u2019hame\u00e7on, le d\u00e9sir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres n\u00e9cessit\u00e9s vitales de perp\u00e9tuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.<\/p>\n<p>On a tout essay\u00e9, par la suite, avec le mariage. On l\u2019a pli\u00e9 dans tous les sens. On a t\u00e2t\u00e9 de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l\u2019adult\u00e8re, du divorce \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, du mariage forc\u00e9, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d\u2019argent, du mariage rat\u00e9. On a m\u00eame vu des mariages heureux. On a vu des mariages st\u00e9riles et d\u2019autres f\u00e9conds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des trag\u00e9dies. Avec des placards pleins d\u2019amants, des cocus en cale\u00e7on, des ma\u00eetresses acari\u00e2tres. Le mariage, en r\u00e9sum\u00e9, n\u2019a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la cha\u00eene sans fin des g\u00e9n\u00e9rations ainsi que le veut l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Il n\u2019en va pas exactement de m\u00eame du futur mariage homosexuel, dont la gen\u00e8se aura laiss\u00e9 tant de traces, \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019autre, qu\u2019il sera ais\u00e9 de la reconstituer. C\u2019est que cette nouveaut\u00e9 ne va pas de soi, comme d\u2019ailleurs la plupart des op\u00e9rations exp\u00e9rimentales de notre temps. L\u2019\u00e9poque moderne, dont l\u2019essence m\u00eame est le soup\u00e7on dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d\u2019op\u00e9ra-bouffe stup\u00e9fiant o\u00f9 la mauvaise foi et le chantage se donnent la r\u00e9plique inlassablement. C\u2019est d\u2019abord le code civil qui a \u00e9t\u00e9 instrument\u00e9. On a pr\u00e9tendu qu\u2019il n\u2019y \u00e9tait stipul\u00e9 nulle part que le mariage \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux personnes de sexe oppos\u00e9. Les homosexuels militants se sont engouffr\u00e9s dans cet <em>\u00ab oubli \u00bb<\/em> pour exiger, au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits, <em>\u00ab l\u2019acc\u00e8s des gays et des lesbiennes au mariage et \u00e0 l\u2019adoption \u00bb<\/em>. L\u2019exigence d\u2019\u00e9galit\u00e9 est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l\u2019\u00e9galit\u00e9 absolue remplace, chez les minorit\u00e9s dominantes et furibondes, le d\u00e9funt sens de l\u2019Histoire. Pour ce qui est du code civil, d\u2019abord par\u00e9 de toutes les vertus, il n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 qu\u2019une sorte d\u2019opuscule diffamatoire sit\u00f4t qu\u2019on d\u00e9couvrit l\u2019article 75, qui d\u00e9termine que le mariage consiste \u00e0 <em>\u00ab se prendre pour mari et femme \u00bb<\/em>. Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussit\u00f4t \u00e0 l\u2019urgence d\u2019une refonte de ce code que, l\u2019instant d\u2019avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps <strong>No\u00ebl Mam\u00e8re<\/strong>, bonimenteur de B\u00e8gles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l\u2019avenir qui a de l\u2019avenir dans l\u2019espoir de d\u00e9crocher le titre de premier gar\u00e7on d\u2019honneur aux nouvelles \u00e9pousailles. Le terrorisme et la d\u00e9magogie se donnaient le bras sur le devant de la sc\u00e8ne. On \u00ab d\u00e9construisait \u00bb en h\u00e2te le mariage \u00e0 l\u2019ancienne. On affirmait qu\u2019il est aujourd\u2019hui <em>\u00ab en crise \u00bb<\/em> quand la v\u00e9rit\u00e9 est qu\u2019il l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9, par d\u00e9finition, puisqu\u2019il unit deux personnes de sexe oppos\u00e9, ce qui est d\u00e9j\u00e0 source de crise, et que, par-dessus le march\u00e9, il les soumet \u00e0 des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la v\u00e9rit\u00e9 procr\u00e9atrice. On rappela, contre les r\u00e9actionnaires qui lient mariage et reproduction, qu\u2019il n\u2019en allait plus ainsi depuis la r\u00e9volution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et h\u00e9t\u00e9ros), quand c\u2019est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l\u2019on a cherch\u00e9, certes avec moins d\u2019efficacit\u00e9 technique qu\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 r\u00e9guler la f\u00e9condit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 autonomiser la sexualit\u00e9 par rapport \u00e0 la <em>\u00ab reproduction biologique \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>En quelques jours apparurent les \u00e9tonnantes notions de <em>\u00ab mariage ferm\u00e9 \u00bb<\/em> (antipathique, h\u00e9t\u00e9ro) et de <em>\u00ab mariage ouvert \u00bb<\/em> (sympathique) puis <em>\u00ab universel \u00bb<\/em> (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u00e9clarait qu\u2019elle \u00e9tait d\u2019accord pour applaudir aux \u00e9volutions de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, mais de gr\u00e2ce, qu\u2019on arr\u00eate de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du n\u00e9o-mariage expliqu\u00e8rent \u00e0 la fois qu\u2019il ne fallait pas interpr\u00e9ter leur demande comme une volont\u00e9 de normalisation ou comme un d\u00e9sir d\u2019imitation mais qu\u2019il y avait de \u00e7a quand m\u00eame, et que d\u2019ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils \u00e9taient exclus, sauf que le seul fait d\u2019en \u00eatre exclus leur apparaissait comme un outrage. R\u00e9clamant en m\u00eame temps le droit \u00e0 la diff\u00e9rence et \u00e0 la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire <em>\u00ab un pied de nez \u00e0 la conception traditionnelle du mariage \u00bb<\/em> (comme l\u2019\u00e9crivent encore les impayables Christophe Girard et Cl\u00e9mentine Autain), ils affirmaient aussi que ce m\u00eame mariage, \u00e0 la fois convoit\u00e9 et moqu\u00e9, revendiqu\u00e9 pour \u00eatre rejet\u00e9, et de toute fa\u00e7on transform\u00e9 s\u2019ils y acc\u00e9daient jusqu\u2019\u00e0 en \u00eatre m\u00e9connaissable, serait un rem\u00e8de souverain contre <em>\u00ab l\u2019alarmant taux de suicide \u00bb<\/em> qui s\u00e9vit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par d\u00e9sespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d\u2019autres motifs.<\/p>\n<p>Mais ces r\u00e9flexions tomberont tr\u00e8s bient\u00f4t sous le coup des lois anti-homophobie qu\u2019un gouvernement vassalis\u00e9 par les associations se pr\u00e9pare en toute sottise \u00e0 faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-del\u00e0 le n\u00e9o-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d\u2019identit\u00e9 afin d\u2019en terminer avec les <em>\u00ab probl\u00e8mes kafka\u00efens rencontr\u00e9s par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres \u00bb<\/em>, ou encore <em>\u00ab d\u00e9psychiatrisation des op\u00e9rations de changement de sexe \u00bb<\/em>), c\u2019est la r\u00e9duction au silence du moindre propos h\u00e9t\u00e9rodoxe qui se profile, c\u2019est l\u2019\u00e9crasement l\u00e9gal des derniers vestiges de la libert\u00e9 d\u2019expression, c\u2019est la mise en examen automatique pour d\u00e9lit de lucidit\u00e9. Il est urgent que personne ne l\u2019ouvre pendant que se d\u00e9rouleront les grandes m\u00e9tamorphoses qui s\u2019annoncent, dont ce petit d\u00e9bat sur l\u2019effacement de la diff\u00e9rence sexuelle est l\u2019avant-propos. Le n\u00e9o-mariage, dans cette affaire, n\u2019est que l\u2019arbre baroque qui cache la prison.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;envie de vous proposer ce texte de Muray qui date de 2004, et dont il faut relire 15\u00a0 fois l&rsquo;introduction et la conclusion si on n&rsquo;a pas bien compris o\u00f9 tout cela m\u00e8ne et quel en est l&rsquo;enjeu. Pour ceux qui en doutent, cet article de D. 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