{"id":1412,"date":"2010-09-02T10:06:29","date_gmt":"2010-09-02T08:06:29","guid":{"rendered":"peresfondateurs.co\/blogs\/ilikeyourstyle\/?p=1412"},"modified":"2010-11-21T14:22:00","modified_gmt":"2010-11-21T12:22:00","slug":"du-libre-marche-en-amerique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/peresfondateurs.co\/blogs\/ilikeyourstyle\/2010\/09\/02\/du-libre-marche-en-amerique\/","title":{"rendered":"Du libre march\u00e9 en Am\u00e9rique"},"content":{"rendered":"<p><em>Ca se passe chez mon ami <\/em><a href=\"http:\/\/nicomaque.blogspot.com\/2010\/09\/du-libre-marche-en-amerique-2.html\"><em>Nicomaque<\/em><\/a><em>, et c&rsquo;est tout \u00e0 fait\u00a0passionnant:<\/em><\/p>\n<p><strong>La catastrophe sociale d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;\u00e9tatisme am\u00e9ricain<\/strong><\/p>\n<p>D. R. : Depuis 1980, l\u2019Am\u00e9rique s\u2019est r\u00e9veill\u00e9e d\u2019un si\u00e8cle d\u2019\u00e9tatisme continu. Depuis 30 ans un retour de balancier s&rsquo;op\u00e8re. Pour la premi\u00e8re fois quelque chose de d\u00e9cisif s\u2019est pass\u00e9 en Occident : on a fait reculer l&rsquo;\u00c9tat. Il faut dire que les am\u00e9ricains sont all\u00e9s bien avant nous et bien plus loin que nous dans l&rsquo;exp\u00e9rimentation des th\u00e8ses socialistes et soixante-huitardes. Depuis 30 ans, on a sonn\u00e9 la fin de la r\u00e9cr\u00e9ation c\u2019est-\u00e0-dire la fin des immunit\u00e9s politiciennes, la fin de l&rsquo;immunit\u00e9 morale des intellectuels, la fin de l&rsquo;immunit\u00e9 financi\u00e8re des budgets publics, l&rsquo;exigence d&rsquo;efficacit\u00e9 des services publics, la remise \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie libre de nombreux secteurs. Dans cette progressive remise sur pieds, l&rsquo;establishment a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment affect\u00e9. Les hauts fonctionnaires, les journalistes, les enseignants, les producteurs et les politiciens, comme tout le monde, ont du r\u00e9pondre de leurs actes.<\/p>\n<p>D. T. : Dans les ann\u00e9es 60, la gauche entendait amener le paradis sur terre en prenant l&rsquo;argent des uns pour le donner aux autres. Elle a en fait d\u00e9go\u00fbt\u00e9 les Am\u00e9ricains sur trois points : 1\u00b0 ils en ont eu assez d&rsquo;\u00eatre tax\u00e9s, 2\u00b0 ils ont rejet\u00e9 les orientations que les fonctionnaires avaient d\u00e9cid\u00e9es sans eux, 3\u00b0 ils en ont eu assez de voir l&rsquo;inefficacit\u00e9 des projets entrepris avec leur argent. La prise de conscience a commenc\u00e9 avec la faillite partielle de la ville de New York en 1975 qui a eu l\u2019effet d\u2019une bombe. Par suite, la victoire de la \u00ab Proposition 13 \u00bb en 1978, adopt\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum en Californie, a mis fin \u00e0 l&rsquo;augmentation des imp\u00f4ts par le gouvernement sans autorisation populaire. C\u2019est le d\u00e9but de la \u00ab r\u00e9volution conservatrice \u00bb.<\/p>\n<p>D. R. : A mesure que les observations des historiens et sociologues du XX\u00e8me si\u00e8cle prennent forme, nous savons d\u00e9sormais, de mani\u00e8re empirique, qu\u2019il existe une corr\u00e9lation entre le \u00ab Tout-\u00c9tat \u00bb et la mis\u00e8re humaine. Alors qu&rsquo;en 1960 la majeure partie de l&rsquo;assistance publique n&rsquo;existait pas, seulement 2% des enfants blancs et 22% des enfants noirs naissaient hors mariage. En 1991, apr\u00e8s les millions de dollars consacr\u00e9s par les gouvernements, les chiffres des enfants sans foyer unis ont enfl\u00e9 pour atteindre dans chaque communaut\u00e9 22% et 68%. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 des interventions de l&rsquo;\u00c9tat, sans cesse en augmentation, de l&rsquo;autre des maux sociaux en hausse. Accroissement des rouages sociaux \u00e9tatiques, effacement des r\u00e9flexes sociaux naturels (parents, amis, famille). La conclusion des sociologues est claire : plus l&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;insinue dans la vie des gens, plus les m\u00e9canismes naturels se grippent et plus leurs difficult\u00e9s s\u2019aggravent.<\/p>\n<p>D.T. : Pendant toutes ces ann\u00e9es, les Am\u00e9ricains ont d\u00e9vers\u00e9 300 milliards de dollars par an dans l&rsquo;aide sociale de l&rsquo;\u00c9tat, sans aucun r\u00e9sultat probant. Comme la sagesse populaire le pressentait, \u00e0 mesure que les punitions se sont r\u00e9duites, les crimes se sont accrus. C&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame logique qui r\u00e9git le d\u00e9clin des connaissances \u00e0 l\u2019\u00e9cole : plus l&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;y investi, plus les r\u00e9sultats chutent. Il y a d\u00e9sormais 90 millions d&rsquo;illettr\u00e9s aux \u00c9tats-Unis dont la plupart sont pourtant pass\u00e9s par l&rsquo;\u00e9cole. Mais il sont pass\u00e9s par l\u2019\u00e9cole publique, une \u00e9cole \u00ab sympa \u00bb mise en place par la gauche dans les ann\u00e9es 60 : notes g\u00e9n\u00e9reuses, \u00e9galitarisme des r\u00e9sultats, m\u00e9thodes globales, math\u00e9matiques dites modernes.<br \/>\n<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Do it yourself \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>D. R. : La r\u00e9bellion est venue d&rsquo;Am\u00e9ricains qui ont voulu remplacer ce \u00ab Tout-\u00c9tat \u00bb par un \u00ab plus de citoyens \u00bb. C\u2019est un nouvel \u00e9tat d\u2019esprit qui s\u2019est diffus\u00e9. Dans l&rsquo;aide aux plus d\u00e9munis, pour prendre un exemple, ces hommes et ces femmes ont voulu enlever le fonctionnaire qui faisait du social, pour y remettre l&rsquo;ami ou le grand-p\u00e8re qui sont le social. Dans les secteurs o\u00f9 le gouvernement centralis\u00e9 avait tout normalis\u00e9, des Am\u00e9ricains se sont aper\u00e7us qu\u2019ils pouvaient faire bien mieux, notamment dans les domaines de l&#8217;emploi, de l&rsquo;\u00e9ducation et de l&rsquo;aide aux pauvres. Une nouvelle \u00e9vidence politique a pu se d\u00e9gager : le gouvernement doit c\u00e9der de son pouvoir. De plus en plus d&rsquo;initiatives sociales et politiques ont \u00e9t\u00e9 prises par des associations de familles, des associations d&rsquo;entreprises, des syndicats spontan\u00e9s ou des \u00e9glises. Ce sont des institutions d&rsquo;autorit\u00e9 naturelle, des institutions plus proches de l&rsquo;homme, celles qui sont les plus comp\u00e9tentes \u00e0 leur niveau.<\/p>\n<p>D. T. : Le revirement de civilisation en Am\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 surtout visible dans un ras le bol vis \u00e0 vis de ce \u00ab Tout-\u00c9tat \u00bb. C\u2019est encore ce ras le bol qui s\u2019exprime aujourd\u2019hui avec le Tea Party, ce mouvement spontan\u00e9 de r\u00e9volte contre la hausse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des imp\u00f4ts ou la s\u00e9curit\u00e9 sociale obligatoire d\u00e9cid\u00e9e par Obama. Aux Etats-Unis il existe une culture des lobbies, ces groupes de pression par lesquels les citoyens, pour se faire respecter, font entendre constamment et bruyamment leur voix. Un mouvement comme le Tea Party, permet au citoyen de retrouver une plus grande autonomie par rapport \u00e0 l\u2019establishment. Les grands partis s&rsquo;en mordent les doigts. Ils aiment \u00ab g\u00e9rer \u00bb les masses. C\u2019est pourquoi ce mouvement est syst\u00e9matiquement accus\u00e9 de populisme, voire de racisme par les partis au pouvoir et par les m\u00e9dias, en France, comme en Am\u00e9rique d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>D. R. : Les gens n&rsquo;attendent plus qu&rsquo;on d\u00e9cide pour eux de ce qu&rsquo;ils doivent apprendre, de l&rsquo;information qu&rsquo;ils doivent recevoir et des films qu&rsquo;ils doivent aimer. Apr\u00e8s la pens\u00e9e unique, ils ont \u00e9labor\u00e9 une information alternative. EWTN en 1982, puis Fox News en 1996, font partie de ces nouveaux m\u00e9dias qui ont r\u00e9volutionn\u00e9 le paysage culturel et politique. Apr\u00e8s la violence scolaire, ils ont mis sur pied une \u00e9cole \u00e0 la maison. D\u00e9sormais, des parents veulent savoir \u00ab comment \u00bb faire la classe \u00e0 leurs enfants, des citoyens veulent savoir \u00ab comment \u00bb faire avancer un projet de loi, des adolescents veulent savoir \u00ab comment \u00bb \u00eatre \u00e9motionnellement \u00e9quilibr\u00e9s. La m\u00eame tendance \u00e0 la personnalisation se retrouve dans l&rsquo;industrie du livre. Les rayons appel\u00e9s \u00ab self improvement \u00bb (\u00ab s&rsquo;aider soi-m\u00eame \u00bb) prolif\u00e8rent. Chaque semaine en Am\u00e9rique, des milliers de livres du genre sont vendus.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Un lib\u00e9ralisme mat\u00e9rialiste et mercantile ?<\/strong><\/p>\n<p>D.T. : En Europe, on d\u00e9signe souvent l&rsquo;\u00e9conomie lib\u00e9rale comme la cause de tout mal. Le dollar engendre tous les vices. D&rsquo;innombrables th\u00e9ories sont mises au point pour d\u00e9tourner les Fran\u00e7ais de ce capitalisme qualifi\u00e9 de \u00ab mat\u00e9rialiste \u00bb, \u00ab h\u00e9doniste \u00bb et \u00ab mercantile \u00bb. L&rsquo;intellectuel Europ\u00e9en, qu\u2019il soit conservateur ou progressiste, n\u2019est pas seulement irrit\u00e9 par l\u2019 \u00ab american way of life \u00bb, il la rejette en bloc. Et pourtant, nos anc\u00eatres ont fait eux aussi du commerce. C&rsquo;est peut-\u00eatre m\u00eame lorsque leur commerce marchait le mieux que notre culture \u00e9tait la plus brillante.<\/p>\n<p>D. R. : Aujourd\u2019hui en France, on va jusqu&rsquo;\u00e0 diaboliser les professionnels ind\u00e9pendants : ces docteurs, ces pharmaciens, ces cordonniers m\u00eame, ou ces boulangers. Trop ind\u00e9pendants, trop passionn\u00e9s par leurs affaires, trop heureux peut-\u00eatre. On d\u00e9cide donc de les taxer. Pas trop cependant pour qu&rsquo;ils continuent \u00e0 aimer leur m\u00e9tier et \u00e0 verser les imp\u00f4ts qui entretiennent le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Les travailleurs \u00ab ind\u00e9pendants \u00bb et les entreprises sont les vaches \u00e0 lait m\u00e9pris\u00e9es de nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>D.T. : Parce que le libre march\u00e9 fournit des richesses, il permet aussi \u00e0 la bont\u00e9 de s&rsquo;exprimer \u00e0 travers les \u0153uvres de charit\u00e9. Parce que le libre march\u00e9 pousse les individus \u00e0 se prendre en main, il permet un grand courage de vie et une grande religiosit\u00e9 face au destin.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Une soci\u00e9t\u00e9 violente ?<\/strong><\/p>\n<p>D. R. : En France la violence du Tout-\u00c9tat est une forme d\u2019oppression pour les plus modestes. Il y a la police de la pens\u00e9e : la Halde. Il y a la police du travail : l\u2019Urssaf. Le petit commer\u00e7ant, n\u2019a pas le droit d\u2019embaucher ou de licencier comme il veut et qui il veut. Il y a la violence syndicale, il y a la violence fiscale, celle qui spolie les riches et qui les d\u00e9signe \u00e0 la vindicte publique (pensez \u00e0 ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Madame Bettencourt, premi\u00e8re fortune de France, au mois de juillet 2010). Simplement cette oppression est plus ou moins masqu\u00e9e par le fait que la plupart des fran\u00e7ais aiment ce carcan du \u00ab Tout-\u00c9tat \u00bb et ne se rendent pas compte que c\u2019est un carcan. Ils y sont habitu\u00e9s, comme un troupeau de moutons suit son berger.<\/p>\n<p>D. T. : Le libre march\u00e9 est un syst\u00e8me social qui encourage d\u2019abord ceux qui vivent vertueusement \u00e0 continuer \u00e0 vivre de la sorte. Dans ce syst\u00e8me ils auront de fortes chances d&rsquo;\u00eatre r\u00e9compens\u00e9s. Mais dans ce syst\u00e8me, le crime y est aussi fortement d\u00e9courag\u00e9 par la punition, y compris par la peine de mort. Certes, le taux d\u2019emprisonnement est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 aux USA. Huit fois plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019en France. Beaucoup d\u00e9noncent la cruaut\u00e9 de ce r\u00e9gime, notamment pour les plus pauvres. Mais il faut bien souligner que le crime en Am\u00e9rique recule depuis les ann\u00e9es 90, c\u2019est-\u00e0-dire depuis que le laxisme p\u00e9nal des ann\u00e9es 60-70 a pris fin. Il y a un mythe qui est soigneusement entretenu par la gauche autour de cette question de la violence aux USA. La grande majorit\u00e9 des violences commises par armes \u00e0 feu concerne les r\u00e8glements de compte entre gangs rivaux et ce sont les pauvres, les familles noires elles-m\u00eames, qui sont les premi\u00e8res victimes de la criminalit\u00e9.<\/p>\n<p>D. R. : En Am\u00e9rique dans la plupart des villes, les fen\u00eatres n\u2019ont pas de barreaux, les portes ne sont pas blind\u00e9es. Les assureurs ne l\u2019exigent pas, comme en France. Pourquoi ? D\u2019abord parce que les voleurs et les criminels sont en prison aux USA et qu\u2019ils paient le prix pour leurs fautes.<\/p>\n<p>D.T. : Alors qu\u2019en France, avec le jeu des lib\u00e9rations anticip\u00e9es, des programmes de r\u00e9insertion et l\u2019indulgence des juges, il y a peu de chance de se retrouver en prison. Quand elles ne sont pas prononc\u00e9es avec sursis, les peines sont divis\u00e9es par deux. Le plus souvent elles ne sont pas ex\u00e9cut\u00e9es. R\u00e9sultat ? Tout le monde a peur et se barricade. Les maisons deviennent des prisons. On sait que les voleurs et les criminels sont en libert\u00e9 dans la nature.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Les caract\u00e9ristiques de l\u2019American Way of Life<\/strong><\/p>\n<p>D. R. : Il y a dans ce milieu am\u00e9ricain, si empreint de libert\u00e9, des attributs que l&rsquo;homme juste peut relever : la courtoisie dans le service, une propension au contact humain et \u00e0 la vie, une joie partag\u00e9e et un bonheur sans complexe. Le dynamisme, le sourire et l\u2019entrain des am\u00e9ricains contrastent avec l\u2019ennui, la grisaille et le \u00ab je-m&rsquo;enfoutisme \u00bb de beaucoup de Fran\u00e7ais. Il y a aussi l&rsquo;inventivit\u00e9 continuelle des hommes et des femmes de cette soci\u00e9t\u00e9. Pour celui qui n&rsquo;y est pas accoutum\u00e9, c&rsquo;est m\u00eame une anomalie. Comment se fait-il qu&rsquo;avec si peu de culture (d&rsquo;apr\u00e8s ce qu&rsquo;on dit !), la population de ce pays fournit au monde tant de nouveaux produits et de nouvelles techniques mais aussi tant de nouvelles vertus ?<\/p>\n<p>D.T. : C&rsquo;est aussi un \u00e9tat d&rsquo;esprit qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le mode de vie \u00e9tatis\u00e9 des Fran\u00e7ais. En Am\u00e9rique, les hommes et les femmes ont l&rsquo;initiative de leur vie. Ils sont libres de mener leur vie comme ils l&rsquo;entendent, dans la mesure o\u00f9 ils ne commettent pas de crimes. L\u00e0-bas, il y a beaucoup moins d\u2019obstacles \u00e0 l\u2019action individuelle que partout ailleurs. Il y a des balises, des zones rouges certes, mais pas de rail pour dire comment on doit faire les choses. Chacun peut faire son chemin en sachant qu\u2019il doit rendre des comptes s\u2019il franchit la zone rouge du respect d\u2019autrui.<\/p>\n<p>D. R. : Le libre march\u00e9 n\u2019est pas un syst\u00e8me th\u00e9orique, ni une id\u00e9ologie, c\u2019est la vie. Et la vie est impr\u00e9visible mais c\u2019est ce qui fait qu\u2019elle est belle. Vouloir tout planifier \u00e0 l\u2019avance, c\u2019est tuer le myst\u00e8re, la surprise. Les soci\u00e9t\u00e9s qui laissent s\u2019\u00e9panouir cette vie, qui laissent l\u2019intelligence d\u00e9velopper sa cr\u00e9ativit\u00e9, sont des soci\u00e9t\u00e9s qui avancent. Le progr\u00e8s vient de ces soci\u00e9t\u00e9s. Si une soci\u00e9t\u00e9 veut planifier l\u2019innovation elle ne r\u00e9ussit qu\u2019\u00e0 la st\u00e9riliser. Planifier l\u2019innovation est une contradiction. L\u2019innovation c\u2019est ce qui est impr\u00e9visible, ce qui surgit de la recherche, de l\u2019observation, des besoins. Quel fonctionnaire aurait \u00e9t\u00e9 capable d\u2019inventer l\u2019Internet ?<\/p>\n<p><strong>\u00a0Se lib\u00e9rer du carcan de l\u2019\u00c9tat social<\/strong><\/p>\n<p>D. T. : L\u2019\u00c9tat fournit un cadre juridique qui permet d\u2019arbitrer les conflits. Mais il ne doit pas d\u00e9cider de la taille des prises de courant. L\u2019\u00c9tat qui pr\u00e9tend faire le bonheur des gens \u00e0 leur place avec leur argent, l&rsquo;\u00c9tat qui pr\u00e9tend \u00e9duquer les enfants \u00e0 la place des parents, qui pr\u00e9tend conna\u00eetre quels l\u00e9gumes on doit manger et quels films on doit voir est un carcan dont il faut se lib\u00e9rer.<\/p>\n<p>D. R. : L\u2019Etat social est cens\u00e9 prot\u00e9ger les gens mais il les emprisonne en an\u00e9antissant toute forme de responsabilit\u00e9 et d\u2019initiative individuelle. On ne se sent pas concern\u00e9 par les besoins d&rsquo;autrui. On s&rsquo;attend \u00e0 ce que l&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;occupe des sans-emploi, \u00e0 ce qu&rsquo;il loge nos grands-parents et offre l&rsquo;argent pour payer les cartables de la rentr\u00e9e. On ne le fait plus de soi-m\u00eame. Un vrai retour \u00e0 nos responsabilit\u00e9s passe par la possibilit\u00e9 de reprendre \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat l&rsquo;initiative dans nombre d&rsquo;activit\u00e9s humaines. Et cela passe n\u00e9cessairement par la possibilit\u00e9 des citoyens de placer leur argent dans les \u0153uvres qu&rsquo;ils veulent. C&rsquo;est la solution, non seulement en mati\u00e8re de pr\u00e9vention du crime mais aussi en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation, de politique des naissances et de ch\u00f4mage. Dans tous ces domaines, la situation demande que l&rsquo;\u00c9tat recule et que l&rsquo;homme avance.<\/p>\n<p>D.T. : Laisser plus de libert\u00e9 aux gens, c\u2019est d\u2019abord leur laisser une plus grande partie du fruit de leur travail et r\u00e9duire ainsi les taxes \u00e9normes qui amputent leurs salaires. Mais r\u00e9duire les imp\u00f4ts, c&rsquo;est n\u00e9cessairement aussi r\u00e9duire les activit\u00e9s du gouvernement. Car si l&rsquo;on veut r\u00e9duire ses rentr\u00e9es d&rsquo;argent, il faut r\u00e9duire ses sorties, ses d\u00e9penses. Cela veut dire r\u00e9duire les programmes gouvernementaux, laisser \u00e0 la nation r\u00e9elle l&rsquo;occasion de reprendre l&rsquo;initiative qui lui avait \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9e.<\/p>\n<p>D. R : L&rsquo;\u00e9nergie d&rsquo;une nation peut \u00eatre absorb\u00e9e par l&rsquo;\u00c9tat&#8230; ou par la population. Si elle reste dans la population, elle est en g\u00e9n\u00e9ral plus efficace, mieux r\u00e9partie et plus productive. Une fois l&rsquo;\u00c9tat ramen\u00e9 \u00e0 ses fonctions de base, une fois d\u00e9bout\u00e9 des autres secteurs de la vie, il devient possible de redonner aux m\u00e9canismes naturels de solidarit\u00e9 toute leur place. La question n&rsquo;est donc plus de savoir comment l&rsquo;\u00c9tat peut remplir ses t\u00e2ches mais plut\u00f4t si ces t\u00e2ches doivent bien \u00eatre remplies par lui.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Les cobayes de l\u2019Affirmative Action<\/strong><\/p>\n<p>D. T. : Le discours dominant de \u00ab l&rsquo;industrie sociale \u00bb pendant un si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 premi\u00e8rement que le pauvre \u00e9tait une victime et deuxi\u00e8mement que celui qui devait le secourir \u00e9tait l&rsquo;\u00c9tat. Premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires, de la politique sociale \u00e9tatique, les noirs en ont \u00e9t\u00e9 aussi les premi\u00e8res victimes. En Am\u00e9rique les noirs sont parmi les plus pauvres mais paradoxalement beaucoup de leurs intellectuels sont les plus ardents accusateurs de ce Tout-\u00c9tat. C\u2019est le cas par exemple de Thomas Sowell. Selon Sowell, apr\u00e8s avoir souffert de l&rsquo;esclavage, les noirs ont \u00e9t\u00e9, en Am\u00e9rique, les principaux cobayes des exp\u00e9rimentations sociologiques du XX\u00e8me si\u00e8cle : emplois assur\u00e9s, sant\u00e9 surveill\u00e9e, h\u00e9bergement bon march\u00e9, intelligences prises en charge par l&rsquo;\u00e9cole publique et les programmes sociaux pour jeunesse \u00e0 risque. Aujourd&rsquo;hui, les noirs r\u00e9alisent que cette pitance bureaucratique est peut-\u00eatre ce qui leur a fait le plus de mal : 70% des prisonniers en Am\u00e9rique sont noirs, 68% des enfants naissant hors du mariage le sont aussi.<\/p>\n<p>D. R. : Veut-on tuer un peuple ? Tuons son \u00e2me ! Pour cela \u00e9pargnons-lui la peine de mettre en \u0153uvre ses forces int\u00e9rieures (dans le labeur, dans la cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises, dans la responsabilit\u00e9 parentale, dans la solidarit\u00e9). \u00c9pargnons-lui, en somme, la peine de se prendre en charge, donnons-lui gratuitement ce dont il a besoin : logement ou allocations. Bient\u00f4t nous aurons \u00e9teint ce qu&rsquo;il y a de plus vital en lui, non pas le corps mais la flamme int\u00e9rieure. On a vu cela dans les pays de l&rsquo;Est, on retrouve ce m\u00eame regard \u00e9teint chez les noirs des ghettos, dans les r\u00e9serves indiennes d&rsquo;Am\u00e9rique et, plus pr\u00e8s de nous, chez les ch\u00f4meurs \u00e0 long terme. La vraie prise en charge des plus d\u00e9favoris\u00e9s passe n\u00e9cessairement par l&rsquo;effacement de l&rsquo;\u00c9tat car l&rsquo;\u00c9tat d\u00e9s\u00e9quilibre l&rsquo;\u00e9cologie de l&rsquo;entraide. Il n&rsquo;a aucune exigence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des b\u00e9n\u00e9ficiaires, il co\u00fbte plus cher et absorbe les revenus des citoyens qui auraient autrement donn\u00e9 de leur attention, une attention plus efficace.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le homeschooling : un refuge de civilisation<\/strong><\/p>\n<p>D. T : Initialement d&rsquo;origine protestante et religieuse, le mouvement du homeschooling gagne des familles de tous les milieux, y compris parmi les immigrants. Aujourd\u2019hui on estime \u00e0 deux millions le nombre d\u2019enfants scolaris\u00e9s \u00e0 la maison. Un sondage r\u00e9alis\u00e9 par le D\u00e9partement de l&rsquo;\u00c9ducation en Floride a montr\u00e9 que les 3\/4 des parents enseignants \u00e0 la maison le font \u00e0 cause des niveaux scolaires d\u00e9sastreux de l\u2019\u00e9cole publique et d&rsquo;une ambiance malsaine. C\u2019est aussi une alternative pratique au co\u00fbt parfois prohibitif des \u00e9coles priv\u00e9es.<\/p>\n<p>D. R. : Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les structures \u00e9tatiques ne d\u00e9fendent plus de valeurs culturelles traditionnelles, les familles font un effort personnel pour retrouver leurs racines. Une fois qu&rsquo;elles ont repris le contact, elles ne veulent plus voir leurs enfants retourner au \u00ab grand vide \u00bb. Par la force des choses, elles sont incit\u00e9es \u00e0 \u00e9duquer leurs enfants chez elles. Cela semble un mouvement de fond, in\u00e9vitable pour les ann\u00e9es qui viennent. Apr\u00e8s tout, l\u00e0 encore, pourquoi donc serait-ce au gouvernement de d\u00e9cider ce que doivent savoir les enfants ?<\/p>\n<p>D. T. : Les \u00e9coles \u00e0 la maison prot\u00e8gent les enfants de professeurs qui \u0153uvrent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment contre les valeurs de leurs parents. Face aux \u00e9ducateurs sociaux, face aux instituteurs, parfois m\u00eame face aux clercs, les \u00e9coles \u00e0 la maison remettent \u00e0 jour une priorit\u00e9 : les parents sont les premiers \u00e9ducateurs de leurs enfants. Cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des enfants au sein du foyer est indispensable pour leur permettre de cultiver leur propre identit\u00e9. Naturellement cet isolement ne doit durer qu\u2019un temps.<\/p>\n<p>D. R. : Le p\u00e8re Joseph Fessio, th\u00e9ologien de r\u00e9putation mondiale, a jet\u00e9 sur le sujet un \u00e9clairage historique : \u00ab L&rsquo;\u00e9cole \u00e0 la maison est un signe d&rsquo;espoir. En Europe, au temps des invasions, les moines abrit\u00e8rent la civilisation pour un temps. Lorsque le calme fut revenu, la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9di\u00e9vale put s&rsquo;\u00e9panouir, en ressortant des biblioth\u00e8ques de ces moines toutes les connaissances pr\u00e9serv\u00e9es. Pour moi, \u00e0 l&rsquo;aube du troisi\u00e8me mill\u00e9naire, ces milliers d&rsquo;\u00e9coles \u00e0 la maison sont les monast\u00e8res d&rsquo;une fin de si\u00e8cle troubl\u00e9e. Elles vont abriter les prochaines g\u00e9n\u00e9rations et des \u00eatres form\u00e9s ressortiront quand le calme sera revenu. Les maisons-\u00e9coles sont les graines de tout possible renouveau \u00bb.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le retour de la Culture avec un grand \u00ab\u00a0C\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>D. R. : Ces derni\u00e8res ann\u00e9es aux Etats-Unis, ont vu se d\u00e9rouler trois grandes r\u00e9volutions culturelles : 1\u00b0 le homeshooling qui a permis de briser le monopole de la caste enseignante,<br \/>\n2\u00b0 Les talk-show hosts (Rush Limbaug, Glenn Beck) qui ont bouscul\u00e9 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des journaux de 20 heures, avec leur style direct, sans langue de bois, 3\u00b0 l&rsquo;Internet, enfin, qui a permis aux individus d&rsquo;\u00e9changer l&rsquo;information sans passer par les agences de presse. L&rsquo;information num\u00e9rique a notamment permis \u00e0 la nation r\u00e9elle (syndicats professionnels, entreprises, associations de familles ou \u0153uvres de charit\u00e9) de se passer de la nation artificielle (m\u00e9dias, partis id\u00e9ologis\u00e9s, entreprises publiques).<br \/>\nCes trois \u00e9l\u00e9ments qui vont puiser dans la population, et non dans l&rsquo;establishment, la mati\u00e8re des id\u00e9es nouvelles, ont r\u00e9ussi \u00e0 provoquer un appel d&rsquo;air favorable \u00e0 une nouvelle culture, pluraliste et populaire. La population \u00e9tant plus vari\u00e9e que les quelques centaines de cr\u00e9ateurs \u00ab\u00a0accr\u00e9dit\u00e9s\u00a0\u00bb, une r\u00e9elle diversit\u00e9 a pu en effet \u00e9merger aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>D. T. : En regardant ce qui s\u2019est pass\u00e9 aux Etats-Unis et ce qui continue de se passer avec le Tea Party, je me dis qu\u2019il reste heureusement en France quelques raisons d\u2019esp\u00e9rer. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, l\u2019opinion publique \u00e9tait fa\u00e7onn\u00e9e par la classe m\u00e9diatique et culturelle, oppos\u00e9e aux valeurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Aujourd&rsquo;hui, les r\u00e8gles du jeu commencent \u00e0 changer. Les \u00e9lites au pouvoir sont discr\u00e9dit\u00e9es, les intellectuels ont perdu leurs privil\u00e8ges, la presse est en faillite. Le moment est venu pour la soci\u00e9t\u00e9 civile de s&rsquo;engager sans complexe dans la formation de l\u2019opinion publique pour influencer le pouvoir. Elle peut le faire \u00e0 travers des r\u00e9f\u00e9rendums spontan\u00e9s, des p\u00e9titions, des boycotts, des manifestations actives, des cr\u00e9ations artistiques\u2026<\/p>\n<p>D. R. : Un retour de la population dans la ma\u00eetrise de l&rsquo;\u00e9conomique et du social, ainsi qu\u2019un renvoi de l&rsquo;Etat \u00e0 son r\u00f4le d&rsquo;arbitre, constituent en effet le seul terrain favorable \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une culture populaire et d\u2019une vraie libert\u00e9.<\/p>\n<p>D. T. : On retrouve ainsi un principe \u00e9vident : plus le gouvernement laisse les citoyens se gouverner eux-m\u00eames, mieux il gouverne. C\u2019\u00e9tait l\u2019id\u00e9e de Jefferson : \u00ab Gouverner mieux c\u2019est gouverner moins \u00bb. Et le pouvoir ne peut le faire qu\u2019en rendant au peuple l&rsquo;initiative de la vie \u00e9conomique, de la vie culturelle et de la vie sociale. Il le fait quand il se cantonne \u00e0 ses vraies responsabilit\u00e9s : celles de l&rsquo;arbitrage \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du territoire et de la paix \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ca se passe chez mon ami Nicomaque, et c&rsquo;est tout \u00e0 fait\u00a0passionnant: La catastrophe sociale d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;\u00e9tatisme am\u00e9ricain D. R. : Depuis 1980, l\u2019Am\u00e9rique s\u2019est r\u00e9veill\u00e9e d\u2019un si\u00e8cle d\u2019\u00e9tatisme continu. Depuis 30 ans un retour de balancier s&rsquo;op\u00e8re. 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